Le sport scolaire de l'école publique dans les Pyrénées Orientales

En acrosport, on apprend avec son corps et avec les autres

600 élèves, 25 classes, une activité aux multiples dimensions éducatives

Du 16 au 24 mars, à Estagel, Le Boulou, Saint-Féliu-d’Amont et Perpignan, 600 élèves de cycle 3 ont vécu cinq journées de rencontres départementales d’acrosport. Cinq journées intenses, exigeantes, et spectaculaires — parce que l’acrosport, pratiqué à ce niveau, ne ressemble à aucune autre activité sportive.

Porter, s’élever, faire confiance

Avant de monter sur les épaules d’un camarade, il faut accepter de lui faire confiance. Avant de porter, il faut comprendre que c’est sur soi que repose la sécurité de l’autre. En acrosport, chaque élève tient un rôle précis : le porteur, qui soulève et soutient ; le voltigeur, qui s’élève et s’équilibre ; le joker, qui sécurise, aide et embellit la figure. Trois rôles complémentaires, indispensables, qui s’inversent au fil des figures. Ici, le fort a besoin du léger. Le léger a besoin du fort. Chacun compte, chacun est irremplaçable.

Cette coopération ne s’improvise pas. Elle suppose d’accepter le contact physique avec l’autre — fille ou garçon — d’écouter son corps et celui de son partenaire, de communiquer sans forcément passer par les mots. Un apprentissage discret mais profond.

Oser, se montrer, être jugé

L’acrosport, c’est aussi une activité d’exposition. On se produit devant les autres. On est regardé, évalué, noté — par des pairs, selon un barème connu de tous. Oser s’élancer, accepter que la figure ne soit pas parfaite et entendre un retour argumenté : voilà des compétences qui dépassent largement le sport.

Mais les élèves ne sont pas seulement acrobates. Ils sont aussi évaluateurs. Attribuer une note, l’argumenter, identifier ce qui a fonctionné et proposer des pistes de progrès : un exercice de lucidité et de précision qui demande une vraie préparation en amont. L’enseignant joue ici un rôle clé pour que l’évaluation soit un acte objectif, bienveillant et constructif.

Quand la rencontre devient spectacle

L’après-midi, place aux figures libres. La classe entière présente un enchaînement acrobatique et artistique, en musique, sur un praticable de 12m x 12m. Trois minutes minimum, trois grandes figures collectives obligatoires, et une liberté totale pour créer, chorégraphier, surprendre.

C’est là que la rencontre USEP devient spectacle. Certaines prestations, portées par des semaines de travail en classe, atteignent une qualité et une originalité saisissantes. La vidéo d’une prestation collective particulièrement réussie cette année en témoigne : coordination, fluidité, figures originales — le résultat d’un projet mené avec rigueur et ambition par des enseignants et leurs élèves.